La bonne notion du combat catholique


Tensions sociales, corruption des élites, apogée de la pornographie, perte de nos libertés les plus fondamentales, perversion des mœurs, implosion des familles, idéologie mondialiste : la vie du pauvre catholique d’aujourd’hui se réduit désormais à du survivalisme. L’Occident tiraillé entre le monde des idées révolutionnaires et le monde du réel semble ne pas être en capacité de se remettre de cette confrontation à mort nous rappelant évidemment le combat des deux étendards, l’un ayant une certaine idée du monde et l’autre souhaitant l’observer pour mieux s’y soumettre. C’est dans cette atmosphère où le diable se fait moine que le catholique doit grandir, vivre, et donc combattre. Combattre. Voilà un mot qui fait de plus en plus sens face aux multiples maux d’une civilisation en profonde décadence. Seulement, et au moins depuis la Révolution Française, les actions du catholique depuis plus de 200 ans semblent faibles sinon inefficaces face à l’avancée certaine du sacro-saint progressisme et c’est principalement sur ce problème que nous allons nous arrêter.

Le Christ ayant régné sur la France depuis le baptême de Clovis en 496 via ses lieutenants qui n’étaient autres que les rois de France, la tête du roi Louis XVI coupée, c’est Dieu détrôné et l’homme à sa place. Mgr Gaume (1802-1879) dans La Révolution – recherches historiques ne dira pas autre chose dans sa définition de La Révolution dont je ne donne qu’un court extrait : Je suis la haine de tout ordre religieux et social que l’homme n’a pas établi et dans lequel il n’est pas roi et Dieu tout ensemble ; je suis la proclamation des droits de l’homme contre les droits de Dieu ; je suis la philosophie de la révolte, la politique de la révolte, la religion de la révolte ; je suis la négation armée ; je suis la fondation de l’état religieux et social sur la volonté de l’homme au lieu de la volonté de Dieu ! en un mot, je suis l’anarchie ; car je suis Dieu détrôné et l’homme à sa place. Voilà pourquoi je m’appelle Révolution ; c’est-à-dire renversement, parce que je mets eu haut ce qui, selon les lois éternelles, doit être en bas, et en bas ce qui doit être en haut. Dès lors, les peuples de France renommés brigands par la Convention se verront exterminés pour ce qu’ils étaient : catholiques. C’est ainsi que le combat contre-révolutionnaire est né : d’un génocide. Les nouveaux dogmes maçonniques de La Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen étant les mêmes hier qu’aujourd’hui, il serait dès lors bien aventureux d’imaginer que l’autorité républicaine du XXIe siècle soit idéologiquement différente sur le fond. La devanture d’une maison pouvant être intégralement refaite, les fondations resteront cependant parfaitement similaires. Il en est de même pour le dogme maçonnico-républicain. Ainsi, les ennemis d’hier restent et demeurent les ennemis d’aujourd’hui. De ce fait, la France étant l’antithèse parfaite de la République, véritable outil révolutionnaire, il ne peut subsister deux peuples diamétralement et spirituellement opposés sur un même territoire : c’est pourquoi il faut combattre.

Combattre, oui. Mais comment combattre ? Le serviteur de Dieu sait que ses actions gravitent autour de trois impératifs : louer, honorer et servir le Christ. Aide humanitaire, manifestation pour la famille, implication en politique, protection du patrimoine cultuel français, service envers les plus démunis : les actions des fidèles semblent être au rendez-vous sans toutefois porter le moindre fruit. De plus en plus de catholiques désespèrent d’ailleurs à l’idée que leurs actions semblent n’avoir aucun impact, c’est ainsi que nous prendrons principalement comme exemple l’excellente étude intitulée La bataille préliminaire de Jean Vaquié (auteur catholique antilibéral, 1911-1992) :

Les traditionalistes ont conscience de défendre les droits de Dieu en face du pouvoir de la Bête. Ils puisent là leur ardeur et leur confiance. Mais ils s’imaginent trop facilement que cette position de principe leur donne, sur l’État laïque, une prééminence juridique. Ils descendent dans la rue en brandissant le Décalogue et l’Évangile et en accusant l’État de les avoir violés. Mais comment ne pas voir qu’il est maintenant trop tard pour tenir un tel discours ? Il fallait commencer par s’opposer à la laïcisation constitutionnelle de l’État. Or précisément, cette laïcisation a été obtenue, en 1958, grâce aux suffrages des catholiques. Ce sont les catholiques qui ont fait pencher la balance du côté de l’apostasie définitive de l’État. Poussés par leurs évêques, eux-mêmes manipulés par le futur cardinal Villot, alors directeur de secrétariat de l’épiscopat français, ils ont voté en masse pour la constitution laïque que le général De Gaulle leur proposait. Il n’est plus l’heure aujourd’hui d’exiger de l’État sans Dieu, la reconnaissance des droits de Dieu. Le combat depuis la Révolution Française était déjà difficile, il semble désormais que les actions des catholiques depuis 1958 sont aseptisés et mis au placard.

Voilà un bien triste tableau : les actions des catholiques ne comptent plus que pour du beurre et les parois pour recouvrer une structure étatique catholique semblent bien lisses. Mais est-ce bien vrai ? Absolument d’un point de vue naturaliste car tous les facteurs temporels et visibles tendent à nous faire croire que tout est perdu et que nos adversaires possèdent toutes les manettes régaliennes. Jean Vaquié explique d’ailleurs ceci dans le même document :

Les véritables forces vives de la France ont toujours été anti-révolutionnaires […]. Le dynamisme réactionnaire est réel, mais il est neutralisé par un dispositif révolutionnaire pratiquement insurmontable.

Alors quelle bataille mener ? Il explique que le ciel attend de nous cette sauvegarde des restes. Elle formule notre mission. Elle constitue notre combat contre-révolutionnaire quotidien. Telle est la bataille inférieure. C’est une bataille défensive, une bataille de maintenance. En définissant la bataille défensive, Vaquié explique donc qu’il n’est pas de notre ressort de reprendre les rennes du pays car le « pouvoir de la bête », bien qu’essentiellement utopique de par sa nature, est devenu, en fait, irréversible. Voilà un fait que beaucoup de catholiques d’aujourd’hui, désireux de voir leur pays se redresser, ne comprenne plus. Non pas parce qu’ils ne veulent pas comprendre, mais parce qu’ils ont bien souvent été formés par des prêtres imprégnés de modernisme avec régulièrement une vision naturaliste du monde : nous reconnaissons ces victimes au fait qu’ils votent en espérant qu’en changeant tous les cinq ans de loup le troupeau puisse survivre. Ainsi ils acceptent le principe du renversement, c’est à dire la volonté de l’homme au lieu de la volonté de Dieu, dénoncé précédemment par Mgr Gaume.

Il est une action que l’on ne peut substituer à une autre : la prière. Cette bataille, toujours selon Jean Vaquié, s’intitule la bataille de la supplication ou préliminaire. C’est une bataille primordiale car il s’agit de faire l’assaut du ciel. C’est Dieu qu’il s’agit de fléchir. Il explique plus loin que la somme des désirs n’a pas atteint la mesure comble : cela signifie que trop peu de catholiques souhaitent réellement le retour du Christ-Roy de France et que trop peu souhaitent concrètement le retour du règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ. Car oui, vous et moi le premier qui critiquons régulièrement le système, ne nous complaisons nous pas, quelque part, dans les quelques avantages que nous en tirons ? Là est la clé.

L’offensive finale viendra du Christ lui-même

Si bataille défensive il y a, existe t-il une bataille offensive ?

« Je régnerai malgré mes ennemis ». Qui d’entre nous aurait oublié cette promesse laconique mais formelle, que Notre-Seigneur a faite à Sainte Marguerite Marie en 1689 ? A elle seule, elle pourrait nous suffire. Mais elle a été renouvelée, au cours des XIXe et XXe siècles, à un grand nombre de mystiques, en particulier à madame Royer. Et quand on songe que le serment résulte de la répétition de la promesse, on peut affirmer que le règne du Sacré-Cœur nous a été promis avec serment. Nous pouvons donc être assurés qu’aujourd’hui Notre-Seigneur opère mystérieusement selon Sa manière habituelle, en vue d’extirper le pouvoir de la Bête et d’instaurer Son règne propre. Ce mystérieux combat, dont Il est l’agent essentiel, constitue la bataille supérieure, celle de l’objectif principal. Il poursuit en expliquant que dans la bataille supérieure, la part de Dieu domine tout et oblitère totalement celle de l’homme.

Il est bon de se rappeler que le nom de Jésus signifie sauveur et qu’un sauveur ne vient que lorsque tout est perdu. C’est la leçon qu’avait appris le roi cruel d’Assyrie, Sennachérib, mandataire de Dieu et qui par orgueil est devenu persécuteur. En marche vers Jérusalem pour prendre la ville avec 185 000 soldats, il était certain de remporter la victoire. Ézéchias, le roi de Jérusalem était lui-même en effroi : tout était perdu. Et c’est seulement à la veille de la victoire de Sennachérib qu’intervint le Christ : L’Ange du Seigneur sortit et frappa cent quatre-vingt-cinq-mille hommes dans le camp assyrien. Et quand on se leva le matin, ce n’était partout que les cadavres sans vie (Isaïe, XXXVII, 36).

Vous l’avez compris : la guerre est déjà gagnée. Même s’il restera toujours le camp des qu’en dira t-on versus le camp des qu’en dira Dieu, il est juste de croire que le Christ se réserve pour Sa plus grande gloire une victoire éclatante que l’on appelle la bataille supérieure. Le catholique ne doit se concentrer que sur la bataille inférieure, c’est à dire la bataille de maintenance tout en priant pour que Le Sauveur rétablisse le règne du Sacré-Cœur car comme disait le marquis de la Franquerie (1901-1992) à propos du Christ-Roy : il veut régner sur la France et par la France sur le monde. C’est d’ailleurs avec ces trois mots que le maître de la contre-révolution termina son travail : CONFIANCE – CALME – CONSTANCE. Le calme spirituel provenant de la parfaite confiance dans le plan de Dieu, il ne suffit plus que d’être constant dans nos actions et nos prières, toujours orientés dans ce même plan, pour combler du mieux possible cet amour infini qu’est Notre Seigneur Jésus-Christ.

Melvin TALLIER

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