Avec We race as one, la F1 perd son âme


Décidément, l’année 2020 aura été l’année où le monde entier sera devenu fou. La Formule 1 était encore un de ces sports qui n’était pas encore atteint par ce sida mental qui imprègne nos sociétés contemporaines : j’ai nommé l’égalitarisme, le politiquement correct, la bien-pensance. La F1 était ce drôle de sport où des gladiateurs des temps modernes s’affrontaient sur un circuit, et tournaient en rond depuis des décennies pour être le premier…

Qu’on se le dise. Ce We race as one n’est ni plus ni moins qu’une vaste entreprise de subversion pour politiser la F1 et, en vérité, tuer notre sport à terme. Le numéro 44 aura a donc sonné la charge pour impliquer la F1 avec les Black lives matter (BLM, Les vies noires comptent). Malgré la protestation des fans, personne parmi les instances de la F1 n’a pu s’opposer à ce raz-de-marée médiatique, et l’hystérie collective s’est emparée du paddock, qui s’est alors drapé de magnifiques drapeaux lesbien, gay, bi et trans.

Pour les belles âmes, la F1 était un totem à abattre, et ils sont en passent d’y parvenir. J’entends alors parler « d’inclusivité » « d’égalité » « de lutte contre le racisme ». Ce sont autant de concepts qui me laissent pour le moins perplexe.

Parlons d’abord d’inclusivité et d’égalité. Deux notions qui sont antinomiques avec l’esprit de la course automobile. Sur un circuit, seul les meilleurs, les plus forts, les plus intelligents sont récompensés. Les minus, les losers, les pleutres, sont écrabouillés … et c’est formidable. La F1, ce n’est pas l’égalité, mais l’excellence. L’égalité dans le sport finira toujours sur la route de la médiocrité et à la prime au moins méritant.

L’excellence partout, tout le temps : c’est cela la Formule 1, du choix du pilote à la moindre pièce de carbone. Vous verrez que si cela continue, la Formule 1 finira par adopter des quotas basés sur le « sexe », « la race » ou tout autre élément de la population considéré comme « discriminé ». Or, comme l’excellence et la discrimination sont à la base de la Formule 1, discriminer, c’est choisir, et ici comme dans la vie réelle, on choisit toujours le meilleur.

Ce sport est un vaste écosystème darwinien, où seuls les plus gros poissons subsistent. Ceux qui veulent changer cela n’ont soit pas compris l’essence de ce sport – et alors, ils feraient mieux de rester regarder le football – soit ils en ont pleinement conscience, et alors il faut les arrêter à tout prix avant qu’il ne soit trop tard.

Parlons du racisme à présent. Là-aussi, la Formule 1 a commis le crime de lèse-majesté. Ce sport a eu le malheur d’avoir été créé par des hommes occidentaux. Un sport de « white male toxic » en somme, où des gentlemen ont décidé au sortir de la Deuxième guerre mondiale de dépenser leur argent pour des sensations fortes. Puis, les machines sont devenues de plus en plus sophistiquées, et la discipline a commencé à brasser énormément d’argent.

Des légendes ont émergé : Lauda, Stewart, Prost, Senna, Balestre, Ecclestone, Schumacher et même Hamilton ! Le sport artisanal est devenu un sport d’élite, un sport d’exception. Alors, oui ! Dans ce tableau, il y a beaucoup d’hommes blancs, et alors ? Il y a beaucoup – et c’est peu dire – d’hommes noirs chez les sprinteurs, les meilleurs basketteurs sont noirs, la France, avec une équipe presque intégralement composée d’individus noirs a peut-être gagné le plus prestigieux des trophées sportifs en 2018.

Mais alors, l’homme blanc devrait donc toujours s’effacer sur l’autel de l’égalité et de l’antiracisme ? Les plus belles voitures sont le fruit du génie des hommes blancs, Enzo Ferrari, Steve Nichols, Adrian Newey et tant d’autres… serait-ce inacceptable ? Ça aussi il faudrait aussi l’effacer ? Le renier ? Faudrait-il s’excuser d’avoir créé de telles merveilles ? Où va nous mener cet ethnomasochisme ? Pour quelle raison les instances de la Formule 1 posent-t-elle leur genou et s’excusent ainsi aujourd’hui ?

Non seulement la F1 n’a pas à s’excuser, mais elle est même à mon sens exemplaire en matière de diversité. Quel sport peut se targuer de faire le tour du monde aujourd’hui ? La Formule 1 est peut-être le sport le plus mondialisé actuellement. A quoi rime ce zêle ?

Chaque année, les fans peuvent découvrir des paysages du monde entier en profitant de panoramas époustouflant en Asie, en Europe, en Amérique du Sud et du Nord ! L’Afrique ? Le championnat est déjà passé sur ce continent par le passé, et ce serait pour notre plus grand plaisir s’il pouvait y retourner dans les prochaines années. Il suffit d’avoir un circuit homologué et les investissements nécessaires. La Hollande et le Viêt-Nam l’ont bien fait ces derniers temps, pourquoi pas un pays africain ? En tout cas, n’allez pas y chercher une quelconque trace de racisme fantasmé.

Concernant les pilotes, que ce soit en F1 ou dans les catégories inférieures, on trouve des jeunes et des moins jeunes de toutes les nationalités. La Formule 1 a-t-elle fait preuve de racisme, en promouvant le thaïlandais Albon chez Redbull tout en dégradant un blanc bien de chez nous comme Gasly ? La Formule 1 a-t-elle fait preuve de racisme en permettant à un noir de battre quasiment tous les records de la discipline en la personne de Lewis Hamilton ?

Le plateau de la catégorie reine du sport automobile n’est pas moins diversifié que beaucoup d’autres sports. Mais évidemment, cette diversité-là ne suffisait pas, et elle n’était pas celle des lobbies. Il y a une chasse aux sorcières, une offensive progressiste menée contre ce sport. Alors, je veux bien tout ce qu’on veut, je veux même bien voir une équipe africaine émerger, mais qu’elle se donne autant de moyens qu’un constructeur comme Honda, qui a su trouver sa place, sans se plaindre, mais en travaillant comme des acharnés, et gagner de nombreux championnats à la sueur du front des ingénieurs de Sakuza et non pas sur un plateau d’argent comme cela semble se profiler pour les années qui viennent.

Alors, que faire ? Se retirer sous sa tente ? Boycotter ? Se mettre au MotoGP, comme beaucoup l’ont déjà fait, mais pour d’autre raisons ? Je peux finalement encore prendre un peu sur moi-même, car il serait trop simple de renoncer. Ce n’est pas à ces gens qui ne connaissent rien à ce sport de dicter leur agenda politique. J’ai assez des artistes et des articles du Monde ou de France Télévision pour me donner des leçons.

Il serait trop simple de renoncer alors que certains pilotes et non des moindres ont décidé de s’exposer personnellement. Il s’agit notamment du néerlandais Max Verstappen, de l’espagnol Carlos Sainz Jr, du russe Daniil Kvyat, de l’italien Antonio Giovinnazi, du monégasque Charles Leclerc et enfin du «ice man », Kimi Raikkonnen qui n’allait pas s’émouvoir pour si peu.

Ces hommes ont eu le courage d’affronter la potentielle vindicte médiatique. En préservant leur honneur, ils ont préservé celui de leur sport pour lequel ils ont déjà tout donné. Ces six immenses pilotes ont tenu la seule position qui vaille : Lutter contre le racisme, bien sûr. Crier avec les loups en perdant sa dignité, jamais. On saura peut-être un jour ce qu’il s’est dit juste avant ce moment entre les pilotes pour savoir s’il fallait se mettre à genoux ou non.

Tenir tête aux Black lives matter

Dans tous les cas, il est extrêmement encourageant de voir que des jeunes pilotes qui pourront lutter pour le titre dans les mois qui viennent et qui sont extrêmement populaires comme Verstappen ou Sainz aient pu tenir tête aux quatorze autres pilotes et notamment au triste sire, Lewis Hamilton. Ce dernier a franchi une nouvelle étape ce dimanche, en arborant un t-shirt Black Lives Matters.

Il a alors fait montre de son militantisme, ce qui ne devrait jamais arriver sur une piste de Formule 1, pour ce mouvement terroriste aux trois quarts, et qui nous promet une société totalitaire. Il ne le sait peut-être pas encore, mais cela, la majorité silencieuse des fans de F1 ne lui pardonnera jamais pour cet affront. Car j’ai vu les commentaires sous les publications de la page Formula 1, et ils saluent dans une unanimité presque général l’attitude des six pilotes restés debout, tout en dénonçant dans le même temps celle déplorable et méprisable du sextuple champion du monde britannique.

Oui, nous ne sommes pas seuls, et nous ne voulons pas voir notre magnifique discipline sombrer pour promouvoir injustement des éclopés au pinacle du sport automobile. A présent, il ne faudra jamais s’habituer, toujours critiquer. Alors, peut-être que l’hystérie collective passera, que les sponsors se lasseront, notamment sous la pression des consommateurs de l’Est.

D’ailleurs, en guise de conclusion je dirai que notre salut viendra sûrement de l’Est. Tous ces mouvements égalitaristes, antiracistes, en un mot décadents, sont une spécificité de nos civilisations occidentales à bout de souffle. Il est évident que les consommateurs d’Orient et d’Extrême-Orient ne voudront pas de cette chouinerie ambiante et permanente qui se développe dans nos contrées. Ils voudront des modèles forts et virils.

De surcroit, le sport automobile est un sport d’innovation. Les lycéens chinois font des robots en classe, pendant que nous manifestons pour le climat ou que nous nous allumons la gueule au protoxyde d’azote… Alors autant vous dire que les constructeurs devront faire déménager leurs souffleries !

Enfin, je dirai que cette mutation quasiment instantanée de la F1 est un cas d’école de l’échec de notre camp, appelez-le comme vous voulez, la droite, la droite nationale, la droite conservatrice… à imprimer même dans un milieu qui nous semblait acquis. Il aura suffi d’une pichenette, d’une simple déclaration de Hamilton, pour que tout le microcosme de la F1 se mette au garde à vous devant les canons progressistes.

Cela en dit long sur la puissance de feu colossale de nos ennemis, et, finalement, sur le manque de conscience politique de personnalités qui ne semble pas à première vue des militants d’extrême gauche, et qui pourtant se mettent littéralement à plat ventre devant les slogans du camp du Bien. Je ne peux croire qu’un Jean Todt, un Toto Wolff ou un Helmut Marko adhèrent dans la vie de tous les jours à des idées aussi gauchisantes.

Julien GROT

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