Choisir entre immigration et blasphème


En réponse au drame de Conflans-Sainte-Honorine, Emmanuel Macron pousse les Français à diffuser davantage les caricatures de Mahomet, ce qui déclenche l’ire des musulmans du monde entier, lesquels décident de boycotter les produits français. Cette réaction des musulmans, que les médias vont assimiler à tort aux seuls « islamistes radicaux », est logique, et pourtant incomprise de la plupart des Français.

Alors que nous sommes habitués à entendre partout que la laïcité et les valeurs de la République permettent le respect de l’autre, nous oublions complètement que nous inspirons exactement l’inverse aux musulmans lorsque nous exposons notre fierté à être libre de blasphémer.

Non seulement la représentation de Mahomet est interdite dans leur religion, mais en plus ces caricatures le représentent de la façon la plus grossière et vulgaire possible. Bien loin de la fameuse figure de Louis-Philippe caricaturé en poire, les dessins de Charlie hebdo blessent tous les musulmans comme si l’on caricaturait quelqu’un de leur famille.

C’est là le cœur du problème : entre les discours moralisateurs sur l’accueil de l’autre et la liberté de blasphémer, il va falloir choisir. Il n’est en effet pas possible d’accueillir toute l’immigration musulmane, et en même temps de revendiquer le droit de caricaturer leur prophète.

Comment peut-on penser sérieusement qu’une caricature de Mahomet, et plus généralement l’éducation civique et morale et ses discours laïcistes, pourrait faire d’un jeune immigré musulman un français ?

La République a détruit tout ce qui pouvait permettre de comprendre ce qu’est la France et de la percevoir comme belle et grande : la géographie, l’histoire glorieuse de la France, la littérature, etc. Dans le même temps, les différents gouvernements ont rajouté toujours plus de cours sur les prétendues valeurs de la République, sur la laïcité, et aussi, ont cherché à rabaisser la France avec la repentance dans les cours d’Histoire.

Or, plus il y a d’attentats, plus on parle de la République. Comme si nos dirigeants pensaient sérieusement que la République et la laïcité faisait rêver… Comme s’ils pensaient sérieusement qu’en prenant en exemple Charlie hebdo, la République se trouveraient une place dans le cœur du jeune immigré musulman.

En réalité, plus on ira dans ce sens, plus nous aurons de haine de la France, sans pour autant gagner notre honneur. D’abord, caricaturer vulgairement quelque chose de sacré n’a rien de gratifiant pour la France, ce n’est pas une valeur et il n’y a pas de quoi en revendiquer une quelconque fierté. Ensuite, un bon musulman ne pourra jamais accepter que l’on dise du mal de son prophète, tout comme d’ailleurs un catholique ne devrait pas se réjouir d’une caricature du Christ (à la différence que celui-ci ne commettra pas de meurtre pour un blasphème).

Enfin, faire de la laïcité républicaine une idole est en réalité montrer toute la faiblesse de ce que la France propose aujourd’hui. Elle proposait autrefois la Sainte religion catholique, elle propose aujourd’hui une norme juridique ou une religion de l’irréligion. C’est désormais le vide que l’on oppose à l’Islam, construit solidement dans le cœur du jeune immigré par sa famille.

Certains répondront que ne pas défendre Charlie hebdo, c’est se soumettre à l’islamisme. En réalité, la soumission, c’est celle des politiques qui ont ouvert en grand les portes de l’Europe et de la France à des populations venant en masse en ayant la haine de notre civilisation chrétienne et la religion de la conquête. Montrer sa force consisterait à muscler notre Défense contre les prétentions de la Turquie et l’exclure de nos alliances stratégiques. La Chine persécutant les Ouïghours sans avoir de soucis de la part des musulmans, c’est bien notre faiblesse qui fait que nous sommes attaqués. Aussi, notre puissance ne se prouverait autrement que par le renvoi de l’occupant.

S’il est de toute façon trop tard pour assimiler au vue de la démographie (immigration et naissances), il est certain qu’en proposant plus de liberté de blasphémer, plus de laïcisme, et en somme, en proposant plus de République… la République ne semble faire autre chose que précipiter sa propre chute…

Louis-Marie MAUDUIT