Vers la droite conquérante


Partout en Occident, la droite change de forme, elle était une élite, une bourgeoisie, elle faisait du libéralisme son combat premier… Elle redevient, aujourd’hui, un porte-voix du patriotisme et de l’enracinement, un état d’esprit à contre-courant des lubies de la Modernité.

De Trump à Orban, les populistes nous montrent la voie à suivre.

Ainsi, le président américain incarne parfaitement cette transformation de la droite. Il a modifié profondément les idées et les cadres du parti. Son soutien est populaire, plus important qu’en 2016, et plus important que les derniers candidats républicains.

La défaite de la droite compromettante

Le leurre du contrat de respectabilité.

Ce parti républicain des Etats-Unis n’était pas un stratège bien différent de nos Républicains à nous.

En effet, nous avons eu en France, une droite qui portait un message, souvent de droite, mais qui se reniait une fois au pouvoir. Tous se réfèrent à de Gaulle mais tous ont laissé l’Union Européenne et les juges soumettre l’Etat, ont légalisé et banalisé l’avortement, ont négocié de très nombreux traités de libre-échange, ont permis et accéléré les vagues migratoires. Cette droite du renoncement, qui a sans doute commencé avec le général lui-même en Algérie, a eu des victoires électorales indéniables, mais à quoi bon avoir des victoires électorales si, in fine, nos élus réalisent une politique qui est essentiellement de gauche ou centriste ?

Dès lors, la distinction entre droite et gauche n’a été qu’économique, alors même que d’ailleurs, la droite monarchiste du XIXème siècle incarnait le parti des paysans et non celui de la bourgeoisie. Assimiler la droite au (seul) libéralisme est donc une imposture qui est rentrée dans tous les esprits et dont il est très difficile de se défaire.

Comme le dit Eric Zemmour, avec Nicolas Sarkozy « on nous a promis le karcher et on a eu Kouchner ». Alors que Nicolas Sarkozy incarnait en 2007 une droite décomplexée, il a finalement nommé à la tête de certains ministères des personnalités de la gauche. Bien entendu, jamais, ni les médias ni les juges, n’accorderont à Nicolas Sarkozy la récompense de ses compromis, bien au contraire. En voulant s’acheter, de bonne foi, une respectabilité auprès de la gauche, la droite ne récupère que le mépris. Pire que cela, on fait le procès de la droite alors qu’elle a mené une politique progressiste.

Cette quête de la respectabilité a conduit la droite à adopter un discours qui est ou était celui de la gauche. Ainsi, alliée aux centristes, elle va critiquer de façon virulente les mouvements à sa droite pour montrer que « non, nous ne sommes pas extrêmes, nous ». Elle va récupérer des anciens combats de la gauche et les faire siennes. Ainsi, Simone Veil devient une égérie et chaque année l’avortement est célébré comme la-grande-liberté-fondamentale-qu’il-ne-faut-surtout-pas-remettre-en-cause. De même, la parité et la diversité sont devenues la règle dans les gouvernements de Sarkozy et l’égalité entre les hommes et les femmes est proclamée sans arrêt par bien des élus se disant de droite, qui n’hésitent pas, aussi, à subventionner les associations LGBT.

Les combats historiques de la gauche depuis la Révolution française, à savoir la république et l’anticléricalisme sont donc devenus les combats d’une droite qui se perd dans les pièges de la gauche. Pour justifier des mesures qui vont parfois dans le bons sens au nom de la lutte contre l’islamisme, les mots « laïcité » (souvent compris comme laïcisme) et « République » couvrent toutes les lèvres. Ces maux de notre déclin, ont remplacé les mots « France » et « Catholicité ».

Les pièges de la gauche.

La gauche a en effet parfaitement compris que nous tombons facilement dans leurs pièges. Les bolcheviques assimilaient volontairement tous ceux qui n’étaient pas avec eux comme « fascistes » afin de créer une tyrannie psychologique contre nos propres idées. En assimilant les gens plus à droite comme « extrêmes » la droite fait le jeu de la gauche. N’oublions pas qu’aux yeux de la gauche Emmanuel Macron et Manuel Valls sont de droite et que pour les antifas, ce sont déjà des fascistes. La respectabilité de la gauche à notre égard ne viendra donc jamais sauf à devenir des leurs.

Qui-plus-est, la « droite la plus bête du monde », entérine, valide les thèses de la gauche en s’abstenant de revenir dessus ou en les acceptant. Il en est ainsi du mariage pour tous que la totalité des partis ont renoncé à combattre à l’exception de celui de Jean-Frédéric Poisson. Les politiques ne semblent en effet toujours pas avoir compris le phénomène de la pente glissante. Après la légalisation de l’avortement, qui nous présente l’enfant comme un objet dont on peut disposer, il est totalement logique que l’adoption par les couples homosexuels, puis la PMA et la GPA deviennent acceptables pour la société. Quand la droite refuse de combattre le mariage gay, elle permet la loi dite de bioéthique, et l’engrenage recommencera très bientôt. Pour inverser le sens de cet engrenage, il ne faut pas avoir peur de remettre en cause ce qui a été fait, d’où l’importance d’être réactionnaire.

Une situation comparable avec le clergé.

La droite en cherchant à se faire bien voir des autres ne réussit ni à se faire aimer ni à changer la société comme elle le souhaiterait.

Sans doute est-ce un problème générationnel, le clergé catholique est tombé dans le même travers : en cherchant toujours la complaisance des autorités, en évitant de se faire remarquer par le port de la soutane, en abandonnant le combat politique, en se modernisant, en défendant les migrants, en prenant peur des critiques vis-à-vis des manifestations, … elle ne fait que renforcer la déchristianisation de la France. Non seulement malgré tous les efforts du clergé, le commun des français éprouve, aujourd’hui, une totale indifférence, quand ce n’est pas de la haine, vis-à-vis de l’Eglise (par inculture religieuse), mais en plus, cette dernière n’a fait que décevoir ses fidèles. Parallèlement, la Tradition remplit toujours plus les églises de nouveaux convertis et de catholiques découvrant la forme extraordinaire du rite romain. Pourquoi ? Parce que précisément, ce que l’on trouve dans la foi, on ne le trouve pas dans la Modernité.

La voie de la victoire : la droite conquérante

C’est bien en assumant pleinement nos convictions que la victoire peut s’offrir à nous. Un archevêque dont je me rappelle, une fois n’est pas coutume, du sermon a dit une fois « on ne dit pas à sa femme, « je t’aime modérément », parce qu’on l’aime radicalement ; de la même manière, on ne peut pas aimer le Christ modérément, nous l’aimons radicalement ». Ne soyons donc pas des tièdes ! N’ayons pas peur des mots, de notre apparence, de nos convictions, et ainsi et seulement ainsi la droite (re)deviendra conquérante !

Les succès de la droite décomplexée.

Plusieurs exemples nous montrent la voie à suivre.

CNEWS, qui a récupéré de nombreux éditorialistes de droite, a monté considérablement son audience depuis que la chaîne a apporté du pluralisme politique sur le PAF, qui en était bien vide. En évitant toujours les compromissions, Eric Zemmour a toujours bien vendu ses livres et les audiences de Face à l’Info sont passées de 270 000 téléspectateurs au lancement de l’émission à 800 000 en octobre 2020. C’est bien la preuve qu’avec une émission avec un niveau intellectuel nettement plus élevé que dans les autres débats télévisés et avec un discours de droite, l’audience peut progresser. Je ne résiste pas non plus à évoquer cette formidable dynamique de la droite décomplexée de l’internet, qui du « 18-25 » à Papacito en passant par le Raptor dissident a permis de démocratiser la droite hors-les murs et faire connaître ces idées comme la réémigration ou le royalisme. C’est aussi un militantisme incroyable qui a permis de renforcer le message de Donald J. Trump.

S’il a été poussé par la « Trump’s Troll Army », c’est d’ailleurs bien justement parce que le président américain incarne une droite conquérante. Alors que le GOP s’était coupé de sa base électorale en épousant complètement l’Establishment et le néo-conservatisme, Trump se sert de son indépendance financière pour s’opposer frontalement à l’Etat profond américain. Il créé alors un enthousiasme que l’élite n’arrêtera pas, et une fois au pouvoir, il revient sur tous les tabous : il s’adresse directement au peuple sans passer par le filtre médiatique, il assume une politique pro-vie, il construit un mur contre l’immigration, il pousse les Etats-Unis vers l’isolationnisme, il s’oppose frontalement à la Chine… Il ne rechigne pas à nommer des juges conservateurs, ce que la gauche aurait forcément fait pour son camp. Durant tout son mandat et depuis le premier jour, il est attaqué par les médias, la justice et le parti démocrate, mais il répond coup pour coup.

Dans un régime électif, la politique est un conflit permanent. Si la droite l’oublie souvent, la gauche militante, elle, ne l’oublie pas. L’ayant parfaitement compris, Trump ne concède rien et maintient qu’il est victorieux tant que la défaite n’est pas totalement acquise.

De la défensive à l’offensive.

Plus proche de nous, la Hongrie et la Pologne ne concèdent pas à l’Union Européenne qui veut leur imposer son idéologie progressiste. Mieux, ils sont en offensive sur le plan législatif : en réformant la constitution pour inscrire en lettre d’or qu’il n’existe que deux genres, Victor Orban anticipe et combat l’adversaire avant qu’il ne soit sur son terrain. Le préambule de cette constitution* (que je vous invite d’ailleurs à lire) est une véritable offensive pour ne pas faire des hongrois de simples consommateurs individualistes comme ce qu’il déplore des européens de l’Ouest, mais pour en faire des êtres d’esprit enracinés, patriotes et de culture chrétienne. Surtout, Orban n’hésite pas à désigner l’ennemi, c’est ce qu’il fait lorsqu’il légifère contre Soros.

Cette attitude de l’offensive plutôt que de la défensive est bien l’exemple de ce que nous devons accomplir. Ne tombons pas dans les pièges de la gauche, ces sables mouvants qui nous entraînent vers toujours plus de renoncements et d’acceptation de l’inacceptable. Au contraire, ne lui laissons pas le choix des débats de société, imposons nos idées pour que la gauche se défende sur notre terrain !

En définitive, je pense que nous pouvons retenir trois choses : d’abord, nous n’avons pas d’ennemis à droite -le discours des autres banalise ou développe nos idées- ; ensuite, nous devons avancer nos idées sans s’attacher à l’affection des médias et des élites ; enfin, nous ne devons donner aucun gage à la gauche : ne pas hésiter à revenir sur des « acquis », et, tant qu’il reste une issue, ne jamais céder la victoire.

* « Profession de foi nationale de la Hongrie » : https://mjp.univ-perp.fr/constit/hu2011.htm

LMM

0 comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *